Expositions

Navigations sous le net

Du 18 mars 2016 au 10 avril 2016

Ce siècle célèbre l’identification à nos choses, à nos réseaux, à notre image. L’obsolescence programmée, bien enfouie dans nos objets abondants tout autour, invisible comme la faune océanique, mais pourtant présente dans presque tous les recoins de notre actualité aseptisée. Ainsi nous sommes submergés par les déchets durs, mous, plastiques, moteurs sans cœur ad nauseam.

 Le corpus d’œuvres présenté pour cette exposition est nourri des déchets électroniques trouvés, malheureusement, très facilement! Plusieurs œuvres représentent une faune sous-marine, une allégorie à ce qui se trouve sous le net : pour plusieurs invisible, mais pourtant bien présent! Une exposition qui parle avec humour d’une réalité sombre : la surproduction et la surconsommation aux dépens de la santé des Hommes et de la planète. Pour nourrir la discussion sur la recherche d’un nouvel équilibre…

 « Préoccupée par notre mode de vie occidental, hélas, de plus en plus mondial, je réagis à la pollution médiatique des idées et idéaux et refuse la modernisation antiseptique. À l’instar de Hundertwasser qui abhorrait la ligne droite, j’estime que les matériaux laissés pour compte méritent qu’on s’y attarde, avec leurs lignes croches. J’associe des matières initialement hétéroclites, qui ensemble cependant, forment un tout cohérent, tel pourrait être l’humanité dans ses relations sociales et aussi avec les mondes végétal, animal et l’immensité astrale. Voilà, c’est ça : mes assemblages sont des hommages à la biodiversité qui n’a que faire des conventions dictées par les magnats du capitalisme. »

 Inspirée par le dadaïsme et l’art brut, Ida Rivard recherche aussi une esthétique soigneuse qui donne envie de jouer malgré la gravité des thèmes qui l’animent. Giacometti disait : « Que ça rate, que ça réussisse, après tout c’est secondaire ». Sans renier notre modernité et ses avantages technologiques, l’artiste accuse l’obsolescence programmée de véritable fléau pour la pérennité de l’humanité.

 L’exposition se poursuit jusqu’au 10 avril.