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Rencontre avec l’artiste photographe Frédéric Gayer

Le 6 septembre 2017
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- Pour votre œil de photographe, quelles sont les différences majeures entre ce que vous observez en France et au Québec ?

Frédéric Gayer : Pour moi, la grande différence, c’est d’abord le sentiment d’immensité et, vivant dans une petite ville, c’est la puissance du climat. La fragilité de l’Homme face à l’univers par exemple, mais aussi ce sentiment de liberté que je ne connaissais pas en France. Il y a aussi la lumière, notamment celle d’automne, qui m’a donné envie de faire de la couleur et particulièrement dans la ville. Montréal me semblait parfait pour faire ces images et j’ai adoré ses contrastes de couleurs, le travail humain que l’on voit partout.

- Vous avez un parcours de graphiste/directeur artistique, métiers que vous avez pratiqué en Angleterre et en France. Qu’est-ce qui vous a amené à une carrière de photographe et peintre ?

F.G. : J’ai fait tout d’abord des études d’art à Boston dans les années 70, en étudiant spécialement la peinture et la photographie. J’ai dû interrompre ces études pour des raisons de santé et je suis revenu en France avec l’idée de refaire des études, dans un domaine qui me permettrait plus facilement de manger à ma faim. J’ai donc fait le métier de graphiste, avec un peu de frustration. Cela m’a permis cependant d’élever une grande famille puisque nous avons 6 enfants. Il y a une dizaine d’années, le métier devenant de plus en plus pénible et ayant moins de charges financières, j’ai enfin décidé de me consacrer à la photo et au dessin et je suis aujourd’hui, le plus heureux des hommes.

- Les photos qui composent Vagabondages en couleurs sont très colorées alors que pour d’autres expositions, vous optez pour le noir et blanc. Qu’est-ce qui fait que vous privilégiez la couleur cette fois-ci ?

F.G. : J’ai choisi la couleur pour ce travail après avoir découvert la lumière d’automne à Moncton et surtout, à Montréal. Je viens de la région parisienne où le soleil peut disparaître pendant des mois… Cela m’a donné l’envie de faire des compositions plus abstraites et plus proches de la peinture. Cela a aussi confirmé mon envie de retourner à la peinture. Je reste par contre, un inconditionnel du noir et blanc pour le portrait, en tout cas, jusqu’à présent.

- Vous habitez maintenant Moncton depuis juillet 2013, pourquoi avoir choisi de faire une exposition au Québec ?

F.G. : En émigrant au Canada, c’était aussi réaliser mes vieux rêves : devenir artiste à temps complet et terminer mes études en art interrompues il y a 40 ans. Ce que je suis en train de faire à Moncton.

Pour visiter l’univers de Frédéric Gayer, sachez que l’exposition Vagabondages en couleurs est présentée à la galerie art[o] jusqu’au 24 septembre 2017.